Raymond Lebrun (1892-?) quintette pour piano et quatuor à cordes opus 53

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Raymond Lebrun… Compositeur vraiment pas connu… Tellement pas connu qu’il n’y a rien sur sa vie (je ne désespère pas de trouver quelque chose…). J’ai juste réussi à trouver sa date de naissance et sa nationalité: belge.

J’ai réussi à me procurer une copie de son quintette avec piano par le biais de la BNF. Après un déchiffrage intégral de la partition, quelle surprise… À une page musicale de qualité, de lignée post-romantique et franckiste, s’ajoute une musique à programme.

La partition est précédée d’une note du compositeur, que je vais retranscrire intégralement.

« Le Quintette opus 53 retrace l’épopée du drame biblique; jusqu’à ce jour ce sujet (1937)  a été traité dans la forme de la symphonie, de l’oratorio, de la cantate ou au théâtre ; il n’avait pas encore été présentés dans le genre dénommé « musique de chambre ».

Ce quintette est l’interprétation musicale de la grande pensée qui domine l’Ancien Testament. Il se divise en quatre grands épisodes dont nous donnons ci-après un résumé succinct.

1. Le Prologue: le piano en arpèges égaux et répétés donne l’impression du temps…il coule , coule; voici les premières prophéties du Messie présenté dans un lointain brumeux, à peine perceptible; les groupes des secondes et les troisièmes prophétie apparaissent successivement et chacun est caractérisé par un thème musical distincts. Ces trois thèmes, dans  tout le développement de cette première partie, se précisent de plus en plus ; ils sont repris sous diverses formes, grandissant la prédiction, accumulant les détails pour arriver à un avènement définitif. Cette partie doit être jouée dans le sentiment d’une prédiction vague est lointaine et qui se préciserait de plus en plus pour éclater dans toute sa lumière.

2. Le Récit: c’est la vie du Christ qui se déroule dans toute sa simplicité, dans son humanité, coupé de périodes brillantes rappelant ses miracles. Un thème personnifiant le Christ humanitaire est exposé une première fois au violon, puis il est repris et développé par les autres instruments ; une gamme ascendante s’amplifie dans le jeu des cinq instruments et signale la première période lumineuse des miracles. Le thème du Christ réapparaît et la même construction se reproduit faisant de cette seconde partie un simple diptyque. Cette partie doit être jouée dans le sentiment d’un conte un peu merveilleux, empreint d’une grande bonté et dit simplement.

3. La Marche  Funèbre: c’est la description de la tragédie du Calvaire : une marche sombre et angoissée est développée pour aboutir , après un long crescendo  à motif central chanté par l’alto et le violoncelle et qui exprime une sorte de lamento : le Christ est mort. La marche reprend plus âpre encore, plus amplifiée en sonorité, comme si le Christ éetant mort cette marche au calvaire devait se perpétuer. Cette partie doit être jouée dans le sentiment d’une révolte contre l’implacable destin, ensuite très tristement résigné. 

4. Le Final: c’est le chant de la résurrection., Passant à tous les instruments comme un gazouillis de printemps, puis c’est le frémissement de la nature qui se réveille, enfin les mille bruits de la symphonie du renouveau ; quand surgit, furtif, un motif de ronde campagnarde et une nouvelle période de vie printanière conduit à des imitations de cloches annonçant le chant  joyeux et large de la résurrection. Le développement de ce final repasse en revue tous les thèmes de toutes les parties – procédé qui permet de ranger ce quintette dans le groupe des œuvres à forme cyclique. Ce développement aboutit à un retour du tableau printanier, des cloches retentissent une dernière fois pour ramener enfin, en péroraison définitive, le chant de la résurrection, mais qui va se modifier, abandonnant son caractère d’allégresse objective pour se transformer en un chant d’allégresse subjective… C’est la résurrection définitive, l’aspiration vers les sphères sereines de l’Au-delà. Cette partie doit être joué dans le sentiment de fraîcheur et de joie qui évoque le retour du printemps, ensuite comme un chant de victoire et de ferveur ; enfin comme une aspiration à la sérénité. » (Raymond Lebrun)

Un quintette totalement passé aux oubliettes… Et qui pour le coup, mériterait d’être « ressuscité » 😉…

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