Samuel Coleridge-Taylor Quintette pour piano et quatuor à cordes

Samuel Coleridge-Taylor  (1875-1912) est un compositeur afro-britannique du début du 20ème siècle qui était plutot apprécié en son temps, mais la postérité l’a quelque peu oublié…. Plus que dommage.

Sa couleur de peau lui a apporté bien des mésaventures mais son professeur au Royal College of Music de Londres, Charles Villiers Stanford et Edward Elgar lui ont apporté leur soutien inconditionnel. Violoniste de formation, mais aussi bon pianiste,  il est l’auteur de pièces de musique de chambre (nonet, sonate pour violon et piano, variations pour violoncelle et piano, quintette pour clarinette et quatuor à cordes, etc…) , de deux concertos pour violon et orchestre, d’œuvres orchestrales, d’œuvres vocales dont deux opéras et de nombreuses pièces pour piano seul.

Son oeuvre la plus « connue » est  the Song of Hiawatha, composé sur le célèbre poème de Longfellow. Cette cantate pour chœur, solistes et orchestre est bout en bout spontanée, fraîche et vivace. C’est une œuvre magistrale.

En revanche, son plus grand chef-d’œuvre est son recueil de 24 Negro melodies op.59. Ce sont vingt-quatre romances pour piano seul qui paraphrasent  un gospel, un negro spiritual ou bien encore une mélodie issue de l’Afrique noire. On y retrouve des mélodies connues telles que Deep River, ou Steal Away.  Le compositeur a savamment allié (entre autre) la musique  vocal noire- américaine avec un style post-romantique très personnel. À travers le chiffre 24, il rend hommage aux grands compositeurs tels que Bach ou Chopin. Son recueil de  vingt-quatre Negro melodies op. 59 pour piano est, à mon humble avis, son oeuvre la plus bouleversante et surtout la plus belle.

La richesse de ses idées musicales ainsi que certaines audaces compositionelles font de Samuel Coleridge-Taylor un personnage passionnant et merveilleusement exaltant.

Son quintette avec piano opus 1, en sol mineur, est tout simplement une merveille. J’ai eu la chance de le donner en concert il y a quelques années avec des musiciens supers; je peux vous assurer que l’expérience musicale en vaut le détour. C’était d’ailleurs la création française de ce bijou. 🙂

Composé à la Royal College of Music de Londres, SCT, alors âgé de 18 ans signe là une page très aboutie, pleine de fougue, passion et d’allégresse. Empreinte de Schubert, de Brahms et de Dvorak, elle montre une maîtrise parfaite du genre avec une partie piano exigeante mais efficace et un quatuor à cordes foisonnant et lyrique. Quatre mouvements:

I. allegro con moto: noble et raffiné tantôt enjoué et pensif.

II. larghetto: serein et passioné, délicieusement caressant.

III. scherzo: espiègle et plein d’humour

IV. allegro molto, vivace: plein de fougue, virvoltant avec un intermède irrésistiblement irlandais. Il s’achève dans une coda grandiose et joyeuse.

Ce quintette pour piano opus 1 de Samuel Coleridge-Taylor est un véritable chef d’œuvre qui n’a pas à rougir devant ses aînés.

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